Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité : le TDA/H, c'est quoi exactement?
« L'attention est un processus neurophysiologique complexe qui permet de nous orienter dans notre environnement et de réagir de façon appropriée en filtrant les stimuli appropriés. »
Dr Anne François
Petite définition d'un trouble pour décapsuler certains préjugés
Le TDA/H, c'est un syndrome encore trop peu connu pour ce qu'il est réellement. Le TDA/H est un trouble qui se manifeste par une tendance excessive à la distraction et des difficultés de concentration, mais pas toujours accompagnées d'hyperactivité ou d'impulsivité exagérée.
Il est en effet faux de vouloir forcément associer les deux. La plupart des enfants hyperactifs présentent en plus des troubles de l'attention. Mais l'inverse n'est pas vrai, puisque près de 50% des enfants soufrant d'un TDA ne sont pas hyperactifs.
Voilà qui est important à savoir et à garder à l'esprit pour poser un bon diagnostic et proposer un traitement approprié.
Enfin, il faut savoir que le TDA/H touche environ 5% des enfants et des adolescents.
Il touche également mais, dans une moindre mesure, les adultes.
Les manifestations du TDA/H
L'élément central du trouble consiste en un déficit des processus cognitifs. Un enfant souffrant de déficit d'attention aura souvent de grandes difficultés à être attentif, se mettre au travail, ne pas se disperser, s'organiser, rester attentif à ce qu'il fait. Il lui est très difficile d'intégrer plus d'une consigne à la fois ou à ne pas oublier la seule consigne qu'on vient de lui donner. Un oiseau qui chante, une feuille qui tombe de l'arbre, un rien viendra le distraire, il n'arrive pas à faire le tri parmi toutes les sollicitations de son environnement.
L'hyperactivité ou la trop grande impulsivité dans les actes est une des manifestations du trouble. L'hyperactivité semble toucher plus les garçons que les filles. Elle peut aussi disparaître avec l'âge alors que les déficits attentionnels et cognitifs persistent. Voilà pourquoi on retrouve encore beaucoup de TDA/H chez les adultes !
Une fois scolarisé, l'enfant peut connaître des troubles d'apprentissage, être en échec scolaire. Enfin, conscient de sa différence et de ses « défauts », il peut se replier sur lui-même, se sentir « nul », développer une très basse estime de lui-même, connaître des moments dépressifs.
La difficulté dans le diagnostic de ce trouble, c'est que la manifestation de ces symptômes est de plus irrégulière.
Les causes du TDA/H : on avance
Pourquoi ces enfants-là connaissent-ils ce trouble-là ? Sur ce point, la recherche avance aussi.
Aujourd'hui, plusieurs pistes sont creusées. On sait qu'il y a des déficits neurochimiques importants qui sont impliqués dans le TDA/H. Selon le Dr. Diane de Longueville, « le TDA/H est bien un trouble neuropsychologique au cours duquel un dysfonctionnement cérébral, même minime, entraîne des troubles observables appartenant au domaine psychopathologique (trouble du comportement, irritabilité, instabilité...) et neuropsychologique (trouble de l'attention, perturbations neurocognitives). »
Mais ce trouble peut également avoir des origines héréditaires. Pour le quart des cas, tant chez les hommes que chez les femmes, on trouve un ou des parents présentant une forme de déficit de l'attention. Dans les autres cas, les liens héréditaires peuvent cependant être établis avec la famille élargie.
Enfin, certains facteurs non génétiques peuvent aggraver, parfois même causer le TDA/H : malformation prénatale due à la consommation de drogues, abus d'alcool, oxygénation insuffisante du foetus, empoisonnement au plomb, accident cérébral endommageant le cortex cérébral.
Le jugement des autres:
On le voit, les parents doivent faire face à une multitude de problèmes qui surgissent quotidiennement. Il faut hélas encore aussi y ajouter une pincée de culpabilité générée chaque jour par le regard des autres. Tous ces regards qui stigmatisent les parents d'enfants TDA/H vite catalogués « mal éduqués ». Toutes ces paroles qui isolent les enfants TDA/H dans leur différence. Dès lors, oui, le seul moyen de pallier tous ces troubles corollaires, c'est de parler, faire connaître et reconnaître le TDA/H.